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Scolarisation

Le témoignage d’un Auxiliaire de Vie Scolaire

Propos recueillis par Marthe Aurèle

Après six ans de contrat, l’AVS doit changer de métier…

Quel est votre point de vue sur la professionnalisation du métier d’AVS   ?

Ce serait une bonne chose mais ce n’est pas à l’ordre du jour. Pourtant si l’on se réfère à la dernière loi d’orientation, tout enfant présentant un handicap a le droit d’être scolarisé dans un cadre ordinaire de scolarité. Par conséquent, les postes d’AVS   sont nécessaires. Alors plutôt que de proposer un emploi précaire et sans avenir pourquoi ne pas créer de vrais emplois avec un véritable statut professionnel, comme celui d’AMP   (Aide médico-psychologique) par exemple.
Personnellement, j’en suis à mon sixième et donc dernier contrat, je ne peux plus exercer ce métier, et après il n’y a rien... Aucun statut nous est attribué. On retourne à la case départ. Au bout de six ans d’exercice, on nous propose, enfin, de nous inscrire à une formation dispensée par le GRETA (Groupement d’établissements publics d’enseignement) et financée par le rectorat pour passer un diplôme par le biais de la validation des acquis de l’expérience, diplôme à choisir dans la liste proposée... Mais la condition pour l’accord de la prise en charge, c’est que la formation soit commencée avant la fin du contrat !

Vous avez choisi autre chose ?

J’ai élaboré à l’automne dernier un projet de formation pour préparer un diplôme d’éducateur spécialisé. J’ai fait une demande au niveau du rectorat pour une prise en charge financière d’un accompagnement par le GRETA qui n’a pas abouti. C’est donc moi qui ai financé ma formation, personnellement.

Vous n’êtes pas tellement soutenu ?

Au niveau de la formation, absolument pas.

Au bout de six ans, vous avez acquis une véritable expérience. Il ne vous a pas été proposé de partager vos connaissances, votre expérience, voire de participer à la formation des AVS   ?
Pas du tout. L’Inspection académique ne fait pas appel aux AVS   en place pour partager leur expérience, leurs connaissances avec les derniers recrutés. Elle fait appel en général à des enseignants spécialisés, à des formateurs préparant aux métiers du domaine médico-social ainsi qu’à des professionnels du secteur médico-social, mais les rencontres avec ces derniers ont été hélas trop rares.

Pourtant, est-ce que ce n’est pas ce qui se pratique dans la réalité : les AVS   plus anciens donnent des conseils aux nouveaux AVS   ?

Oui, l’une de mes collègues a souvent fait appel à moi, et à un collègue qui a démarré en même temps que moi, lorsqu’elle était confrontée à des situations auxquelles elle n’était pas habituée et pour lesquelles elle ne savait pas comment réagir. De plus, partager son expérience, c’est très formateur. Cela permet de s’interroger sur ses actions, d’en tirer des conclusions et donc de modifier ou pas ses façons de travailler.

Et vous, si vous aviez été tout seul, vers qui auriez-vous pu vous retourner ?

Je me serais adressé à l’enseignant référent   comme je l’ai fait d’ailleurs au départ ainsi qu’aux enseignants spécialisés et à la psychologue scolaire de l’école.

Pour contacter Laurent Brandon