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Scolarisation

Le point de vue d’un enseignant référent

Propos recueillis par Marthe Aurèle

Auxiliaires de vie scolaire et Emplois de vie scolaire

D’après l’étude, l’aide apportée par les auxiliaires de vie scolaire (AVS  ) génère une forte satisfaction. Cet accompagnement est ressenti comme indispensable, avec quand même un bémol : le niveau de formation des AVS   n’est pas forcément adapté à leur mission… Est-ce votre avis ?

Il y a deux types de personnels. Il y a les AVS  , les auxiliaires de vie scolaire, qui ont postulé à cette fonction, donc qui l’ont a priori délibérément choisie. Je les reçois en commission de recrutement, généralement avec l’Inspecteur de l’Education nationale, parfois avec un directeur d’école ou un enseignant spécialisé. Pour la plupart, ce sont des personnes qui ont déjà des connaissances relatives au handicap, qui sont motivées, qui ont un niveau scolaire minimum bac, souvent beaucoup plus, les candidats avec bac + 3 et parfois davantage ne sont pas rares, ce qui reflète également une certaine détresse sociale…
Les emplois de vie scolaire (EVS) concernent quant à eux des personnels auxiliaires, qui souvent exercent les mêmes fonctions que les AVS  , mais que l’on recrute sur des contrats aidés, des contrats d’avenir ou d’accompagnement dans l’emploi.

Qu’est-ce qui différencie les AVS   des EVS ?

Les auxiliaires de vie scolaire sont recrutés sous contrat de droit public, pour un an, renouvelable cinq fois. Le plus fréquemment, on les garde six ans.
Les EVS sont des personnes qui, lors de leur recrutement, sont aux minima sociaux (allocation de parent isolé, allocation spécifique de solidarité, RMI, reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé, etc.) et qui sont sélectionnées dans un premier temps par les agences locales de l’emploi. Ces personnels sont recrutés sous contrat de droit privé d’un an en général, renouvelable une ou deux fois.
En pratique, les AVS   et EVS remplissent souvent la même fonction. Si l’on n’a pas assez de personnel parce que l’on manque de postes d’AVS  , on embauche un EVS pour compenser.

Quel type de formation reçoivent les AVS   et EVS ?

Il n’y a pas de formation préalable à l’emploi. Dans le département de Saône-et-Loire, cela n’existe pas, et je doute que cela soit différent dans les autres départements. Ils reçoivent néanmoins une formation d’adaptation à l’emploi, en cours de mission. La première année, ils suivent 60 heures de formation portant aussi bien sur la connaissance de l’institution, que sur la nomenclature du handicap, la façon de se comporter, des indications pédagogiques. Cela inclut également des groupes de parole pour échanger sur les pratiques. Ce sont généralement les associations et les services du secteur de la santé ou du secteur médico-éducatif qui interviennent dans ces formations. L’Éducation nationale intervient pour la partie institutionnelle et juridique de la formation.

Est-ce que le nombre d’AVS   et d’EVS tend à se développer ?

À ma connaissance, le nombre d’AVS   se situe aux alentours de 90 dans le département, mais l’on approche les 500 EVS, 489 me semble-t-il.
L’évolution quantitative des AVS   est très faible. Quelques unités par an. En revanche, il me semble que le nombre d’EVS a considérablement augmenté.

Pour contacter Daniel Beurrier