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« Vie dans la ville » des Hauts-de-Seine

Accompagnés vers leurs loisirs

Par Nathalie Da Cruz

Didier à l’assaut des sommets

Un jeudi soir, dans un appartement de Chaville. Didier, 32 ans, en jogging, sac de sport en bandoulière, attend avec impatience Jimmy Mauger, l’accompagnateur qui va l’emmener à son cours d’escalade. Depuis deux mois, Didier bénéficie du dispositif « Vie dans la ville » mis en place par l’Adapei   92. Un service d’accompagnement qui permet aux personnes handicapées mentales de participer à des activités de loisirs en milieu ordinaire, dans la cité, comme tout un chacun.

Avec Jimmy, son accompagnateur

A 19 h 10, Jimmy vient chercher le jeune homme à son domicile. Didier monte en voiture avec son accompagnateur, direction le gymnase où l’association « Chaviroc » organise ses cours d’escalade. Aujourd’hui, c’est la septième séance pour Didier.

Quelques échauffements, puis en piste. « Assuré » par Jimmy au sol, Didier se lance à l’assaut d’une première voie d’escalade. « Pousse sur ta jambe côté blanc ! », conseille parfois Jimmy. Didier ayant du mal à dissocier la droite de la gauche, l’accompagnateur lui a fourni deux « poignets » en mousse, l’un blanc, l’autre noir, pour l’aider à distinguer les deux côtés.

Diplômé en STAPS (Sciences et techniques des activités physiques et sportives), Jimmy Mauger travaille pour le compte de SIEL bleu, associaton spécialisée dans l’enseignement du sport adapté aux personnes handicapées, âgées ou en difficulté. Il est aussi titulaire d’une licence Activité physique adaptée (APA  ).

« Mon rôle est de donner à Didier davantage d’explications et de démonstrations que celles fournies par l’animateur, explique Jimmy Mauger. Au début du cours, je l’aide à mettre son baudrier, je lui apprends à faire le nœud en huit, à vérifier qu’il est bien attaché… Didier a surtout besoin d’être encouragé et mis en confiance ».

Une intégration réussie dans le groupe d’escalade

Pour autant, l’accompagnateur ne se substitue pas à l’animateur. Il est là pour aider la personne handicapée à pratiquer l’activité mais aussi pour faciliter son intégration dans le groupe. « Au départ, Didier était impressionné par le monde… Il a fallu aller vers les autres, ce qui n’était pas évident. Mais certains sont venus vers nous spontanément », raconte Jimmy Mauger. Ainsi, tous les jeudis, un « ancien » de l’association Chaviroc, bien rodé à l’escalade, se propose pour grimper aux côtés de Didier et lui prodiguer des conseils pour faciliter son ascension.

Et un moyen de vaincre ses peurs

Pendant la pause, notre apprenti escaladeur va chercher dans son sac un magazine de football - sa passion - pour le montrer à son accompagnateur, ainsi qu’un disque de Michaël Jackson qu’il a eu pour Noël. Au-delà du sport, ces moments sont l’occasion d’un échange.

Grâce à sa pratique de l’escalade, Didier, qui avait le vertige auparavant, n’a plus peur du vide ! Le jeune homme, qui n’avait pas fait de sport en club depuis de nombreuses années, est ravi. Il souhaite maintenant aller à la piscine régulièrement.

Contact

Yves Tannou

Le reportage photos illustrant ce sujet a été réalisé par l’Association Photodreams International, qui s’est beaucoup investie bénévolement dans le projet.