Comprendre

Pour mieux connaître le handicap mental

LE MAG - Ils avancent

Imprimer
Santé

« Banaliser l’acte de soin »

Propos recueillis par Marthe Aurèle

Et quelques conseils pour que tout se passe au mieux…

Que se passe-t-il après que le patient ait été traité ?

Certains patients repartent avec la photo du dentiste ou du cabinet dentaire. Cela aide à préparer la visite suivante, qui n’aura peut-être pas lieu avant un an, bien que dans l’idéal, il faudrait voir les personnes plusieurs fois dans l’année. Pour certaines personnes, en particulier les enfants autistes, il serait bénéfique que les rendez-vous soient plus fréquents, plus réguliers, et deviennent ainsi une routine.
Quand c’est possible, les examens de dépistage sont réalisés au domicile ou dans l’établissement qui accueille la personne handicapée. Nous disposons même d’une unité mobile qui se déplace dans des établissements médico-sociaux adhérant au Réseau SBDH-RA.

Quels conseils souhaitez-vous donner aux familles ou aux soignants ?

Principalement, qu’il faut faire de la prévention, dès le plus jeune âge : jouer avec la brosse à dents pour banaliser le geste, utiliser un dentifrice fluoré, équilibrer l’alimentation, éviter les grignotages, rendre visite au dentiste régulièrement plutôt que quand il est déjà trop tard.
Nous proposons des ateliers sur l’approche de la brosse à dents, destinés aux professionnels et aux familles. Il peut s’avérer en effet très difficile de brosser les dents de certaines personnes, notamment adultes. La bouche est une zone très particulière. Il faut tout un travail sur le corps, avant d’arriver jusqu’à la bouche, sans que cela ne soit perçu comme un geste intrusif.

Et aux dentistes libéraux qui reçoivent rarement des personnes handicapées mentales ?

Mon conseil, c’est de savoir repérer les difficultés d’une personne handicapée pour ne pas transformer quelqu’un de réticent en quelqu’un de phobique. Il faut observer la personne de façon à estimer son seuil de tolérance, pour ne pas le dépasser, ce qui pourrait rendre catastrophique la séance suivante. Il faut prendre le temps et rassurer. Et aussi se familiariser avec cette situation pour qu’elle devienne banale. Si le médecin est à l’aise, la personne en face le ressent, et tout se passe bien. Le secret, c’est ça.
Soigner des personnes handicapées mentales, c’est humainement très riche. C’est ce que disent les praticiens qui ont rejoint le réseau. Quand on arrive à gagner la confiance d’une personne handicapée, c’est fantastique.