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Protection juridique

Une réforme vue de l’intérieur

Par Maud Salignat

« Le juge des tutelles ? Un peu l’honnête homme »

Magistrate, Françoise Martin est vice-présidente chargée du tribunal d’instance de Saint-Germain-en-Laye depuis septembre 1995. En tant que telle, elle a exercé les fonctions de juge des tutelles jusqu’en 2006.

Sous sa juridiction, le nombre de dossiers a fait un bond : de 1 000, il est passé à 3 000. Françoise Martin a activement participé aux réunions préparatoires de la réforme. A la veille de son entrée en application, en janvier 2009, elle exprimait néanmoins ses craintes devant le volume des révisions de mesures auquel son tribunal doit faire face. Même si de nombreuses incertitudes demeurent quant aux répercussions à long terme sur le nombre de mesures de protection censées être endiguées par la nouvelle loi, elle salue d’emblée la philosophie d’une réforme qui vient réaffirmer les droits, les intérêts et l’autonomie de la personne protégée.

Pourquoi le juge des tutelles est un « honnête homme »Ce que dit Françoise Martin sur le travail et l’image du juge des tutelles
«  Ce qui m’a passionnée dans le travail de juge des tutelles, c’est le contact. Au niveau juridique, on touche à toutes les matières. Le juge des tutelles, c’est un peu l’honnête homme. On est obligé de tout connaître, aussi bien du pénal que du civil, des successions que des problèmes familiaux... C’est très épanouissant. C’est épanouissant aussi car on a l’impression d’être utile. C’est toujours l’intérêt du majeur protégé contre des intérêts divergents.

« La mauvaise image du juge des tutelles vient d’une époque où le juge préférait avoir affaire à des gérants ou des associations tutélaires plutôt qu’aux familles. Mais ce n’était pas du tout les orientations de la cour de cassation quand je suis arrivée, et cela a d’ailleurs été rappelé dans les textes : la primauté familiale.

« Il y a aussi des difficultés dans certaines familles car on est là pour donner la priorité à la personne protégée au détriment parfois des futurs héritiers. C’est aussi pour ça qu’on n’est pas très bien perçu. L’objectif du juge des tutelles, c’est le bien-être de la personne protégée. »

Son

Pourquoi le juge des tutelles est un « honnête homme »

Ce que dit Françoise Martin sur le travail et l’image du juge des tutelles


Voir sur le site de l’Unapei l’essentiel de ce qu’il faut savoir sur la protection juridique des majeurs.