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Parce que le handicap mental est aussi une cause

Comment s’impliquer

Le témoignage d’une adhérente

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Comment s'impliquer

Pourquoi avez-vous décidé d’adhérer à l’association ?

Avant de trouver une place dans un Sessad   pour ma fille, j’ai eu un long et douloureux parcours. Je n’étais pas préparée à affronter toutes ces difficultés. Moi qui me sentais bien intégrée dans la société, je me suis sentie exclue. Avec un enfant « différent », on se retrouve tout seul, tout seul face à cette différence. D’abord parce qu’on n’est pas toujours écouté et compris, même par les médecins, et parce qu’on ne sait pas à quelle porte frapper, ni où aller. Pour moi, mettre au monde un enfant, ce n’est pas se battre pour pouvoir le mettre à l’école, c’est le regarder grandir, l’aider à trouver ses repères pour vivre dans une société qui, en apparence, est confortable et généreuse.
Enfin, après de multiples démarches et beaucoup d’efforts, j’ai eu le grand bonheur de rencontrer la directrice du Sessad   qui m’a aidée. Si j’ai trouvé cette place, c’est vraiment parce que je l’ai cherchée. Je n’ai pas pensé d’emblée à faire du bénévolat pour l’association. J’avais trouvé une place : je me sentais tranquille, au moins pour un moment. Pourtant, comme j’aime aller plus loin, au bout de quelque temps, je me suis dit « C’est bien ! J’ai une place, mais les autres ? ».
J’ai alors relu les documents qui m’avaient été remis lors de la première réunion d’information avec tous les parents nouvellement arrivés au Sessad  . Parmi ces documents, il y avait une lettre précisant le rôle de l’association. J’ai téléphoné à l’association pour leur dire que j’étais prête à faire quelque chose. La directrice m’a parlé d’un groupe « jeunes parents », et cela m’a tout de suite intéressée. Lors d’une première réunion de ce groupe, nous étions quatre à cinq couples présents. On a fait un tour de table pour nous connaître. C’était lancé, j’étais devenue adhérente et militante.

Pour vous, que représente le bénévolat, qu’est-ce que ce mot recouvre ?

Pour moi, le bénévolat, c’est donner sans attendre nécessairement de retour. Je projetais depuis longtemps de m’investir un jour dans le milieu associatif, avec l’idée de rendre service, de m’occuper des autres. C’est arrivé plus tôt que prévu, voilà tout. Pour être bénévole, il faut, selon moi, avoir une ouverture aux autres, un esprit tolérant, et vraiment avoir envie de donner pour donner.

Que pensez-vous de votre expérience actuelle ? Correspond-elle à vos attentes ?

Pour moi, c’est positif. J’ai l’impression d’être utile. Je n’ai qu’un an de recul, c’est peu, mais je constate que dans le groupe « jeunes parents », nous nous entraidons, des liens d’amitié nous unissent. Chacun peut s’exprimer librement. Et puis, nos enfants se fréquentent. Tout cela nous aide beaucoup. Du coup, nous sommes plus ouverts, plus disponibles. Nous avons créé un club, appelé « Pâte à sel », ouvert à tous sans exclusive, adhérents à l’association ou non, et sans condition. L’idée de départ consistait à essayer de faire venir les gens, même ceux qui ne sont pas confrontés personnellement au handicap. Notre atelier, totalement gratuit, fonctionne chaque semaine, sans professionnels. Les personnes viennent quand elles le veulent et autant de fois qu’elles le désirent.
Au départ, les parents n’ont pas envie de parler du problème du handicap. Pour eux, c’est trop douloureux, mais en pratiquant notre activité, nous parlons forcément de nos soucis communs. Simplement et spontanément, quand on en ressent le besoin.

Comment évolue votre groupe aujourd’hui ?

Nous avons prévu une kermesse pour le mois d’octobre. Nous la préparons dès maintenant, en faisant de la communication autour, pour expliquer qui on est, ce qu’on fait. Notre but, dans un premier temps, c’est de nous faire connaître. L’idée que nous souhaitons faire passer est la suivante : « On existe, et si vous voulez nous rejoindre, on est là ».
Pour le moment, trois nouveaux couples se sont joints à nous dans le groupe jeunes parents, c’est peut-être peu, mais l’important, ce n’est pas le nombre ; ce qui compte pour nous, c’est d’aider, de nous montrer ouverts et de faire venir des personnes désemparées qui ont besoin de repères. Il est vrai que lorsque le groupe jeunes parents a fait une réunion d’information pour se faire connaître, peu de personnes sont venues. Certes, nous avons été déçus. Je me suis aperçue que c’est très difficile d’aider les autres, car souvent les personnes qui souffrent se replient sur elles-mêmes et sur leur problème. Elles s’isolent. Néanmoins, nous avons répondu à tous ceux qui nous ont téléphoné. Nous ne les avons pas laissé tomber. Depuis, certains participent à notre groupe. Et puis, il y a des gens qui ne participent pas au groupe jeunes parents, mais qui, en revanche, viennent à la Pâte à sel et sont adhérents.

Comment pensez-vous poursuivre par la suite votre engagement au sein de l’association ?

J’ai l’intention d’aller plus loin pour faire bouger les choses, de m’investir et de faire partie du conseil d’administration, si possible. J’aurai ainsi une vue plus générale. Je voudrais à la fois m’occuper des relations avec les jeunes parents en difficulté et avoir une action plus politique pour agir davantage, voir les financeurs, par exemple. Tous ces aspects forment un tout. La mission d’une association c’est d’aider les parents, mais la réalisation c’est autre chose, je m’aperçois combien c’est difficile.

Pour en savoir plus

Rapprochez-vous de l’association de l’Unapei proche de votre domicile pour découvrir comment agir avec elle. Vous pouvez aussi contacter Catherine Simoniello, Conseillère Vie associative à l’Unapei (01 44 85 50 50).

D’autres informations sur le site Internet de chacune des trois associations qui mettent en relation des bénévoles et des associations :