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Scolarisation

Le point de vue d’un enseignant référent

Propos recueillis par Marthe Aurèle

Les liens entre les enseignants et le secteur médico-social

L’enquête a mis en évidence la volonté de tisser des liens et de partager des compétences entre l’Éducation nationale et le secteur médico-social. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Il existe des relations de partenariat. Cela fonctionne bien sur mon secteur, notamment entre les personnes, parce qu’effectivement nous avons réussi à tisser des liens. Cela fonctionne moins bien, pour des raisons organisationnelles, entre les institutions. Je m’explique : lorsqu’un enseignant référent   réunit une équipe de suivi, il invite tous les partenaires. Or, derrière cette invitation, il y a un certain nombre de contraintes matérielles à gérer. Réunir 5 à 10 personnes venant d’institutions différentes, avec des horaires différents, des contraintes institutionnelles bien particulières, des emplois du temps qui sont souvent lourds, dans le temps scolaire (144 jours d’école par an !), c’est extrêmement difficile. Les personnes sont tout à fait disposées à s’engager, à venir, à communiquer, à participer… Par contre, souvent, elles ne peuvent pas être physiquement présentes. Il m’arrive de réunir des équipes de suivi de scolarisation tout à fait minimales. J’arrive toujours, évidemment, à avoir les enseignants. Dans un collège, j’ai généralement le professeur principal. Dans les écoles, les collèges et les lycées, le directeur de l’école ou le chef d’établissement viennent, mais plus rarement la conseillère d’orientation-psychologue. Assez souvent, enfin, arrivent à venir les psychologues scolaires et les acteurs de certains services, notamment les SESSAD  , qui font beaucoup d’efforts pour déléguer quelqu’un…

Et les IME   ?

Je n’interviens dans les IME   que dans la mesure où certains de leurs élèves sont scolarisés en milieu ordinaire. D’ailleurs, c’est plus fréquent dans les ITEP (Instituts thérapeutiques, éducatifs et pédagogiques) que dans les IME  . Sinon, cela fait double emploi : les équipes du secteur médico-éducatif, des IME   et des ITEP, savent très bien gérer un projet. Ils n’ont pas besoin d’un enseignant référent  .

Dès lors que l’enfant est scolarisé en milieu ordinaire, il est important que ce lien puisse se concrétiser…

Le lien se fait de toute façon. Les enseignants référents contribuent à le formaliser.

Y a-t-il une augmentation des liens entre l’Éducation nationale et le secteur médico-social ou est-ce un terrain où l’on pourrait encore améliorer les choses ?

La réponse est oui aux deux éléments de votre question. C’est-à-dire que oui, c’est en progression. Et oui, c’est très largement perfectible.

Pour contacter Daniel Beurrier