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Scolarisation

Le point de vue d’un enseignant référent

Propos recueillis par Marthe Aurèle

Peu d’évolution dans l’information et la formation des enseignants

De l’étude Unapei-Ipsos menée au cours de l’été 2008, il ressort que le corps enseignant semble plutôt enthousiaste à l’idée de faire progresser l’accueil des enfants handicapés mentaux à l’école. Est-ce ce que vous ressentez de votre côté ?

Il y a un bémol quand même : ce n’est pas le mot enthousiasme que j’emploierais. Il y a de l’intérêt, il y a de la compréhension, il y a un investissement non négligeable et puis il y a de réelles difficultés, notamment, et on le comprend facilement, pour tout ce qui touche aux troubles du comportement, pour lesquels les enseignants que je côtoie, bien que je n’en puisse faire une généralité, se trouvent assez démunis.

En dehors des moyens humains, cités à 75% par les enseignants généralistes, le manque de formation et d’information sur l’accueil d’enfants handicapés mentaux dans une classe ordinaire constitue l’une des principales difficultés et le premier besoin mis en avant par une majorité d’enseignants interrogés. Qu’en pensez-vous ?

Dès lors que les fonctions cognitives ne sont pas atteintes, la scolarisation d’un élève, handicapé moteur par exemple, ne pose pas trop de problème, si les conditions matérielles sont réunies. En revanche, face à un problème sensoriel, c’est déjà un petit peu plus difficile, parce que là, effectivement, il y a un manque de formation initiale. C’est aussi le cas pour l’accueil d’élèves présentant un handicap mental, à fortiori si celui-ci se manifeste par un trouble du comportement.

En matière d’information, pensez-vous qu’il y ait eu des améliorations depuis la dernière rentrée de septembre 2008 ?

Institutionnellement, je ne note pas d’évolution importante, ni dans l’information ni dans la formation des enseignants, pour tout ce qui concerne la scolarisation des élèves handicapés. Je note cependant en positif que les nouveaux directeurs d’école sont bien sensibilisés, lors de leur stage de formation initiale, à la scolarisation des élèves handicapés.

Mais l’information et la formation pourraient être un moyen de faire progresser l’accueil d’élèves handicapés mentaux…

Il y a l’information et il y a la formation. À ma connaissance, dans la formation initiale des enseignants, il y a très peu de temps consacré à la scolarisation des élèves handicapés.
L’information se fait pratiquement au quotidien, notamment dans les équipes de suivi de scolarisation. C’est l’occasion d’informer à la fois sur les conditions d’accueil et sur les moyens. Beaucoup d’enseignants, par exemple, n’ont qu’une connaissance très vague de ce qu’est l’aide à la personne, des missions respectives des services de l’État et des services départementaux, etc. Tout cela reste extrêmement flou. Donc, si l’on est amené à scolariser un élève handicapé, il y a une demande d’information qui se fait presque naturellement. Confronté à un problème, on essaye de le résoudre, d’une façon pragmatique. Donc on se tourne vers la personne ressource, généralement l’enseignant référent  . Ce n’est, au fond, pas si mal : on apprend en quelque sorte à marcher en marchant. Plutôt que de s’inspirer d’un discours général et généraliste pour en faire des applications plus ou moins malhabiles sur le terrain, on se confronte à la réalité, on cherche ensemble des démarches propres à répondre à un besoin et, le cas échéant, on transfère la compétence ainsi acquise à la résolution d’autres problèmes.

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