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« Vie dans la ville » des Hauts-de-Seine

Accompagnés vers leurs loisirs

Par Nathalie Da Cruz

Un service novateur

C’est fin 2006 que la commission « Prospective » de l’Adapei   92, qui est composée de parents et de professionnels, a imaginé le service « Vie dans la Ville ». Le constat : trop de personnes handicapées sont exclues des activités de la cité parce qu’elles ne bénéficient pas d’un accompagnement adapté. L’Adapei   92 s’est alors tournée vers l’association nationale SIEL bleu, qui enseigne le sport adapté aux personnes handicapées. Liée à SIEL bleu par un contrat d’animation, l’Adapei   92 a ensuite contacté plusieurs CCAS   (Centres communaux d’action sociale) du département. C’est avec le CCAS   de Chaville que la première convention a été conclue, en septembre 2008. Puis le CCAS   de Nanterre a rejoint le dispositif.

Aujourd’hui, treize personnes bénéficient du service « Vie dans la ville ». Celui-ci s’adresse à tous les handicapés mentaux et psychiques, quels que soient leur âge et degré de leur handicap - à une nuance près : à Nanterre, pour l’instant, seuls les moins de 20 ans sont visés. Un adulte de Chaville pratique la batucada ; un enfant de 4 ans souffrant de troubles autistiques fait du baby-gym à Nanterre… Des clubs de tennis, d’haltérophilie, de kayak, de judo, de volley, de loisirs créatifs ou encore des piscines sont d’ores et déjà partenaires. Des sorties individuelles au musée, au cinéma ou au théâtre sont également proposées.

L’enjeu : trouver des fonds pour développer le service

Les partenaires de « Vie dans la Ville » - la Caisse d’allocations familiales   (CAF  ), la Direction départementale de la Jeunesse et des Sports et la Maison départementale des personnes handicapées - se chargent de relayer l’information auprès des familles. Mais pour l’heure, l’Adapei   92 manque des financements pérennes nécessaires au développement du service dans tout le département. L’association réfléchit actuellement à un mode de levée de fonds.

Stephen Decam, président de la commission « Prospectives » de l’Adapei   92

« Les personnes handicapées mentales ou psychiques qui veulent participer à des activités se heurtent souvent à deux obstacles. Soit elles sont refusées car les structures de sports et de loisirs sollicitées ne disposent pas de personnel formé pour les recevoir. Soit, si elles sont accueillies, elles ne parviennent pas à suivre le groupe, et l’animateur ne peut pas leur consacrer plus de temps : elles se retrouvent rapidement marginalisées. S’il y a une obligation d’emploi dans les entreprises, s’il existe des auxiliaires de vie scolaire et des CLIS   (Classes d’intégration scolaire) à l’école, dans le domaine des loisirs, en revanche, rien n’est organisé. Donc il y a un réel besoin d’accompagnement, que les parents qui composent la commission “Prospective” de l’Adapei   92 ont exprimé. ».

Yves Tannou, chef de projets à l’Adapei   92

« Les personnes en situation de handicap mental se trouvent la plupart du temps à leur domicile ou dans des structures d’accueil spécialisées ; elles n’ont que très peu de contacts avec le milieu ordinaire. Ces moments d’activité sont donc très importants. Aussi, dans la convention que nous signons avec les clubs, insistons-nous sur le fait que la personne doit être intégrée avec les autres participants. Ce dispositif permet aussi aux personnes valides qui participent à l’activité de mieux accepter les différences et de porter un autre regard sur le handicap mental ».

Contact

Yves Tannou

Le reportage photos illustrant ce sujet a été réalisé par l’Association Photodreams International, qui s’est beaucoup investie bénévolement dans le projet.