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Scolarisation

Le point de vue d’un enseignant référent

Propos recueillis par Marthe Aurèle

Une vision pragmatique de l’information et de la formation des AVS

Les Auxiliaires de vie scolaire (AVS  ) expriment-ils un manque de formation ou font-elles avec ce qu’elles ont ?

La demande de formation, cela relève un peu du fantasme. Enfin, c’est ce que je ressens. Comme bon nombre de mes collègues, je pense que la plupart des gens croient que la formation va leur permettre de s’adapter immédiatement à leurs fonctions. Or ce n’est pas le cas. Si l’on donne une formation sur les troubles envahissants du développement à quelqu’un qui n’aura pas à scolariser un élève présentant ces troubles, ce n’est pas efficient.
Je pense qu’il faut d’abord que la personne soit en situation de travail, qu’elle se pose des questions et qu’on lui donne alors des informations qui répondent à ses questions.

Pour l’instant, ce n’est pas le cas ?

Si, quand même. On ne peut certes pas répondre au cas par cas, évidemment. Mais nous avons aujourd’hui la capacité d’entendre d’abord la demande et puis d’y répondre.

Faudrait-il professionnaliser la fonction d’AVS   ? Est-ce déjà un vrai métier ?

Je n’y crois pas. C’est effectivement une demande de certains parents et enseignants. Mais les missions des AVS   sont temporaires et aléatoires, puisqu’elles répondent à des besoins qui ne sont pas forcément pérennes dans le temps et l’espace. En outre, la précarité des auxiliaires ne me paraît pas mal adaptée aux besoins des élèves. Ce propos n’est peut-être pas « politiquement correct », mais je prends le risque de déplaire... D’une part, les élèves bougent géographiquement. D’autre part, dans une école, on peut avoir besoin aujourd’hui de trois auxiliaires de vie scolaire et peut-être que, l’an prochain, il n’y aura aucun besoin. Les personnes à « professionnaliser » sont-elles prêtes à se déplacer de 15, 20 ou 30 km ? Je n’en suis pas sûr. Tandis qu’un enseignant dont on ferme la classe est déplacé vers une autre classe. Un auxiliaire de vie scolaire qui suit un élève autiste cette année ne va pas forcément suivre l’année suivante un élève handicapé du même type, du même âge, avec les mêmes besoins. La professionnalisation imposerait forcément beaucoup de contraintes, au-delà de la mobilité. Cela impliquerait de modifier le système de recrutement. Y a-t-il des moyens budgétaires à la hauteur ?

Pour contacter Daniel Beurrier